Panamarenko

par Aude

En filigrane de l’ensemble de son œuvre et encore davantage dans ses écrits, on lit chez Léonard de Vinci une volonté souveraine de rendre l’art comme science.
Nonobstant, et s’il dessina vachement bien des plans d’aéroplanes, automobiles, hélicoptères, scaphandres à casques et j’en passe, dans un siècle où l’on peinait - à la cour de Venise - à intégrer seulement le principe de la fourchette, aucune de ces inventions ne se virent réalisées et pour cause : l’absence des matériaux nécessaires d’une part et le souci de leur fonctionnalité d’autre part, qui semble avoir été secondairement traité ; la question par exemple de la force motrice de ses engins ne préoccupant que fort peu Léonard.

Il en va autrement de l’œuvre de Panamarenko, Henri Van Herwegen de son véritable intitulé, artiste anversois qui débuta sa carrière au milieu des années soixante, terrain d’affrontements par excellence entre plusieurs courants antagonistes parmi lesquels l’art minimal, conceptuel, le pop art et d’autres.
Á la faveur des constructions de l’esprit et d’une dimension poétique du potentiel, les machines de Panamarenko répondent pour la plupart du mythe de l’envol par des inventions à la “performativité” toutefois limitée, sur les modèles classiques d’avions, d’hélicoptères et d’insectes, à propos desquels il dit de leur battement d’ailes qu’il représente “sans doute la manière la plus efficace de voler”.
C’est précisément selon ce principe qu’il s’emploie pour la conception d’avions à propulsion humaine à convertir la propulsion continue émanant du pilote pédalant en une vibration à haute fréquence. L’énergie émise par le pilote est captée par un volant d’entraînement qui, au début de chaque battement, est couplé aux ailes. Ce mécanisme est, dans une certaine mesure, également apparenté à la Théorie des systèmes clos. L’idée de la ‘trampoline double’ se base en effet sur l’espoir que les ailes, relancées par au-dessus et par en-dessous, battront de plus en plus vite. (…)

Ses avions à propulsion humaine, à ailes delta, hélicoptères, soucoupe, bateau et tapis volants, sacs à dos motorisés, posent la sempiternelle question de ce que peut engager l’art lorsqu’en sont gommées les bornes prétendues.

Et qu’on ne se retrouve pas dans les mêmes dîners.


NB : Ouais, j’ai couché pour écrire ici. Ouais, je mange de ce pain-.

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  • oualou

14 commentaires pour “Panamarenko”

  1. Raphaël dit :

    Donc voilà, pas besoin de la présenter, Aude fait désormais partie des auteur sur CMPDP et ne vous déplaise elle s’y sent comme un poisson dans l’eau. Merci pour ces belles recherches.

  2. woumpah dit :

    Ca me rappelle un reportage que j’avais vu au collège sur les débuts de l’aviation.

    Le reportage débutait avec un mec vêtu d’une grande cape noire qui sautait du 2ème étage de la tour Eiffel et une putain de voix off “Paris 9h du matin, Untel décide de tester sa nouvelle invention… mort sur le coup, un trou de 17 cm dans le sol.”

    A l’époque j’avais beaucoup rit et le professeur avait expliqué que c’était grâce à des mecs comme ça que les recherches avaient avancées. Je me souviens aussi d’un avion à pédale qui ouvrait-fermait un parasol.

    Tout ça pour dire que je sais plus comment il s’appelle ce putain de reportage.

  3. Raphaël dit :

    “A l’époque j’avais beaucoup rit et le professeur avait expliqué que c’était pas drôle du tout”

  4. Aude dit :

    Pas vu mais à mon avis c’était un chinois.
    Oui parce que plus on est de chinois voyez-vous, plus on riz.

  5. Arno dit :

    Merci Aude pour la blague.

    L’article, lui, vaut le détour!! J’avoue j’ai un faible depuis tout petit pour ce mystérieux homme qu’était Léonard de Vinci (je jouais aussi à faire des traces de mains avec des cerises écrasées sur les murs de la maison, ce qui plaisait un peu moins à mes gentils parents…), je ne peux qu’apprécier le travail de cet artiste. Le lien vachement bien ne fonctionne pas, pr info…

  6. Aude dit :

    Art now > Si ça te botte tant que ça, alors je t’encourage vivement à la lecture de ses Carnets. Il y a écrit un tas de trucs globalement assez cool et notamment pourquoi la peinture est selon lui l’art par excellence qui surpasse toute œuvre humaine. (Comparaison des Arts, chapitre XXVIII du volume 2, environ 5 pages.) Passionnant.
    Egalement : Couleur, Paysage, Hydraulique, Balistique, Ombre et Lumière, De la nature de l’eau, Inventions, sont les chapitres que j’ai particulièrement aimé lire.
    A bon entendeur mon cher…

  7. Raphaël dit :

    Je couche avec un dictionnaire.

  8. Arno dit :

    Raph, surtout tu couches avec Aude debout, c’est très contradictoire…
    Merci Aude pour tes lumières.
    J’ai eu le plaisir de faire un dossier sur Léo (pr les intimes) sur le génie aujourd’hui… au cours duquel j’ai pu me documenter un peu sur ces carnets. L’étude des tourbillons dans l’eau m’avait émerveillé… Mais je n’ai jamais eu le plaisir de parcourir réellement ses carnets.
    Comme tu m’as l’air plutôt bien renseignée, je te remercie de me faire parvenir un commentaire composé ds les plus brefs délais.
    Merci CMPDP.

  9. Aude dit :

    Raphaël > Épais, lourd, carré et que tu rechignes à ouvrir ?
    Tu me rappelleras de te tomber dessus la prochaine fois qu’on se verra.

    Arno, Arno, Arno > Malheureux ! Il convient mieux de lire un homme tel que lui dans le texte plutôt qu’en vulgarisation, sans quoi tu cours à la perte de toutes les subtilités du cheminement de sa pensée ; comme pour Marx et son Capital, dans un genre tout aussi possédant quoique répondant de préoccupations fort éloignées.
    Tu trouveras ici l’alléchante description des carnets, et pour la route :
    “Si une goutte d’eau tombe dans la mer calme, il est évident que la surface entière de la mer doit s’élever imperceptiblement, l’eau n’étant pas compressible comme l’air.”
    Au bon sens implacable, s’ajoute une dimension physique amourachée de poésie qui n’est décidément pas pour me déplaire.
    Et qu’il soit entendu que je te prêterai mon exemplaire pour me racheter de la réappropriation de chaussettes.

  10. Arno dit :

    Quelle verve!!

    J’avais complètement oublié cette histoire de chaussette!! Mais maintenant que tu en parles, c’est vrai qu’il y a depuis peu un vide dans ma vie…
    Reste à savoir si c’est les chaussettes ou les carnets de mon pote Léo…

  11. quuentin dit :

    trop de la chiiotte pana maa renko

  12. Aude dit :

    Ok Quentin avec deux u >
    1. On commence par mettre une majuscule quand on commence une phrase sans y avoir été invité.
    2. On dit LES chiottes pas la chiotte.
    3. C’est Panamarenko en un mot pauvre buse.
    4. Fais-nous grâce de ta prochaine intervention débile ; va t’aérer un peu, fais un tour de vélo dans ton quartier par exemple.

  13. salamechouie dit :

    Panamarenko c’est un sacré coco !!

  14. Angela dit :

    Bonjour,

    Merci pour ce sujet sur Panamarenko, c’est très intérressant.
    Je ne connaissais pas du tout cet artiste mais, l’autre jour sur la Place de l’hôtel de Ville de Dunkerque (ou j’habite), j’ai aperçu et je ne pouvais pas le louper un énorme aéroglisseur métallique. Je me suis dit “whaou, mais c’est quoi ce truc! C’est magnifique!!!”. J’aime assez l’art contemporain, le pop art surtout. J’ai donc pris des renseignements sur l’artiste que l’on nomme Panamarenko. Il expose également ses oeuvres maritimes au musée portuaire de Dunkerque que je me suis empressée d’aller voir.
    Et de plus, mon fils ainé qui est en 5ème doit faire un exposé sur l’artiste et ses oeuvres. Cela tombe bien…
    Panamarenko expose à Dunkerque jusqu’au 13 décembre 2009.

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