Á Pauline (et pas Apolline)

Tuesday 26 August 2008

Une semaine avant la première exposition Manystuff que vous avez manqué si vous ne l’avez pas vu, se tenait à la Galerie de la Halle aux Poissons de Toulouse la très cool installation sonore d’Arno Fabre Conte pour radios et robinets, que vous avez peut-être loupé aussi, du coup.
Au delà de leurs qualités sonores, esthétiques et/ou plastiques certaines, les œuvres d’Arno Fabre engagent - en plus d’un humour et d’une poésie manifestes - une expérience physique pour leur appréciation ; on tend l’oreille pour les entendre et on extrapole ce qui nous échappe, on court après elles pour suivre leurs causeries.
Là encore mais de plaisante manière, il en va de l’œuvre autant que du spectateur ; cela étant dit en passant et sans vouloir passer pour Catherine Millet pour autant.
Suivent quelques vidéos par moi préférées.


Astragale Zénon l’arpenteur, 2006


Conte pour radios et robinets, 2004


Les Souliers - Quintet, 2007

Pour le reste, c’est ici.

“Pour le plaisir” (Herbert L.)

Wednesday 16 July 2008

Bruce Nauman et la typographie

Friday 23 May 2008

Débuté au milieu des années 60 après des études de mathématiques et d’art, le travail de Bruce Nauman s’engage sur des supports variés parmi lesquels la vidéo, la sculpture, la peinture, la performance et l’installation. Il trouve sa pierre de touche dans le champ du body art, en filigrane de son œuvre traversée par d’autres thèmes tels que le temps, la répétition, le rapport au spectateur, etc. ; de façon non-exhaustive, il en va chez lui de la provocation autant que d’une réflexion pertinente sur le rôle de l’art, s’inscrivant dans le courant minimaliste conceptuel qui fait école aux Etats-Unis dans ces années.
Si vous êtes curieux, je vous encourage vivement à prendre votre moteur de recherche à bras-le-corps car je ne vous parlerais ici que du rapport texte-objet qui me botte, de cuir.

De manière diamétralement opposée à celle de Ben, que l’on a tous plus ou moins gastriquement rendu à force de le lire sur les cahiers des filles de nos quatrièmes respectives, Nauman matérialise jeux de mots et fragments de pensées au moyen de la sculpture en néons clignotants.
En cela qu’ils se posent comme extensions de lui-même et de son propre corps, ses mots appellent à des considérations que je crois pouvoir désigner comme nostalgiques, à propos de l’art, l’artiste, la société et lui-même. Il est à noter que pour toutes ses œuvres, Nauman laisse à vue l’installation qui la nécessite par souci de vérité et qu’en ce sens, l’emploi du néon coloré comme figure emblématique de l’espace publicitaire (mensonger ?) participe de la dérivation du sens des mots, dont une dimension de vérité froide nous claque à l’esprit lorsqu’on les lit. Le mot traité comme substance graphique, se pose alors la question du propos en tant que tel autant que de l’œuvre elle-même ; qu’en reste-t-il lorsque le néon est éteint ?

J’aurais aimé vous montrer surtout (si quelqu’un a une image sous la main, je suis son homme) :
My last name exagereted 14 times vertically
, 1967, où la déformation typographique nuit clairement à lisibilité. Ici ne reste de l’œuvre que le nom de l’artiste, sa signature, rendant magistralement le précepte premier de Nauman selon lequel son nom et son corps constituent la seule matière première dont il dispose véritablement. Nauman, homme nouveau en allemand, joue implicitement du pendant germanophone de son nom avec celui de Barnett Newman, l’étirant quatorze fois dans sa hauteur, en une phallicisation (peut-être) de lui-même comme œuvre.
&
The true artist is an amazing luminous fountain, (à mettre en relation avec l’autoportrait qui suit) introuvable, dont je peinerai à parler tant le traitement et la composition de l’image importent. Une haut de casse à empattements dessinée à la main sur les bords d’un support (?) blanc rectangulaire, distribuant les mots selon un jeu qu’il ne conviendrait pas de décrire, et dont le centre, où se trouvent une ou deux notes écrites rapidement au stylo, rend bien compte de la valeur suprématique du processus, du sens de “the true artist” devenu presque un vocable seul et de l’aspect brut dans l’art de Bruce Nauman.


Self portrait as a fountain, 1967


The True Artist Helps the World by Revealing Mystic Truths (Window or Wall Sign), 1967

My name as though it were written on the surface of the moon, 1967


Sweet Suite Substitute, 1968 (fabricated 1982)


None Sing-Neon Sign
, 1970


Pay Attention, 1973


One Hundred Live and Die, 1984


Partial Truth, 1997

Prononcez Naomane, et qu’on ne se retrouve pas dans les mêmes dîners ni dans les mêmes cours.

Les filles c’est rock’n'roll et j’emmerde Camille

Thursday 22 May 2008

Deux reprises + un classique + trois vieilleries + un ovni + une voyouterie.
Bien du bonheur à ceux qui révisent, et qui font des air guitar-pauses en bougeant les cheveux.

free music

La Sélecson #5

Saturday 3 May 2008

Alex Plissyhte
ou
Comment on fait du neuf avec du vieux.

free music

Theo Jansen

Wednesday 30 April 2008

Au chapitre de l’intelligence scientifique au service de l’art et de l’esthétique du mouvement, Theo Jansen est un sculpteur hollandais qui s’inscrit dans le courant de l’art cinétique et qui représente tranquille t’as vu.
Selon un principe de locomotion économique et écologique qu’il a mis au point, c’est l’association de l’exploitation de l’énergie du vent et de son stockage dans des bouteilles de soda sous la forme d’air comprimé qui fait se mouvoir sur les plages ces sculptures d’animaux ou d’insectes, construites avec des matériaux légers.

Animaris Rhinoceros

Simulation, The Geometer’s Sketchpad 4. (Musique de Philip Glass)

Strandbeest, ArtFutura 2005

Prononcez Yansen, et qu’on ne se retrouve pas dans les mêmes dîners.

Panamarenko

Friday 25 April 2008

En filigrane de l’ensemble de son œuvre et encore davantage dans ses écrits, on lit chez Léonard de Vinci une volonté souveraine de rendre l’art comme science.
Nonobstant, et s’il dessina vachement bien des plans d’aéroplanes, automobiles, hélicoptères, scaphandres à casques et j’en passe, dans un siècle où l’on peinait - à la cour de Venise - à intégrer seulement le principe de la fourchette, aucune de ces inventions ne se virent réalisées et pour cause : l’absence des matériaux nécessaires d’une part et le souci de leur fonctionnalité d’autre part, qui semble avoir été secondairement traité ; la question par exemple de la force motrice de ses engins ne préoccupant que fort peu Léonard.

Il en va autrement de l’œuvre de Panamarenko, Henri Van Herwegen de son véritable intitulé, artiste anversois qui débuta sa carrière au milieu des années soixante, terrain d’affrontements par excellence entre plusieurs courants antagonistes parmi lesquels l’art minimal, conceptuel, le pop art et d’autres.
Á la faveur des constructions de l’esprit et d’une dimension poétique du potentiel, les machines de Panamarenko répondent pour la plupart du mythe de l’envol par des inventions à la “performativité” toutefois limitée, sur les modèles classiques d’avions, d’hélicoptères et d’insectes, à propos desquels il dit de leur battement d’ailes qu’il représente “sans doute la manière la plus efficace de voler”.
C’est précisément selon ce principe qu’il s’emploie pour la conception d’avions à propulsion humaine à convertir la propulsion continue émanant du pilote pédalant en une vibration à haute fréquence. L’énergie émise par le pilote est captée par un volant d’entraînement qui, au début de chaque battement, est couplé aux ailes. Ce mécanisme est, dans une certaine mesure, également apparenté à la Théorie des systèmes clos. L’idée de la ‘trampoline double’ se base en effet sur l’espoir que les ailes, relancées par au-dessus et par en-dessous, battront de plus en plus vite. (…)

Ses avions à propulsion humaine, à ailes delta, hélicoptères, soucoupe, bateau et tapis volants, sacs à dos motorisés, posent la sempiternelle question de ce que peut engager l’art lorsqu’en sont gommées les bornes prétendues.

Et qu’on ne se retrouve pas dans les mêmes dîners.


NB : Ouais, j’ai couché pour écrire ici. Ouais, je mange de ce pain-.