Le plus gros dessin du monde
Mardi 27 mai 2008L’art de la géolocalisation au service de l’autoportrait : ça donne The biggest drawing in the world. Merci Murgielle !
Bruce Nauman et la typographie
Vendredi 23 mai 2008Débuté au milieu des années 60 après des études de mathématiques et d’art, le travail de Bruce Nauman s’engage sur des supports variés parmi lesquels la vidéo, la sculpture, la peinture, la performance et l’installation. Il trouve sa pierre de touche dans le champ du body art, en filigrane de son œuvre traversée par d’autres thèmes tels que le temps, la répétition, le rapport au spectateur, etc. ; de façon non-exhaustive, il en va chez lui de la provocation autant que d’une réflexion pertinente sur le rôle de l’art, s’inscrivant dans le courant minimaliste conceptuel qui fait école aux Etats-Unis dans ces années.
Si vous êtes curieux, je vous encourage vivement à prendre votre moteur de recherche à bras-le-corps car je ne vous parlerais ici que du rapport texte-objet qui me botte, de cuir.
De manière diamétralement opposée à celle de Ben, que l’on a tous plus ou moins gastriquement rendu à force de le lire sur les cahiers des filles de nos quatrièmes respectives, Nauman matérialise jeux de mots et fragments de pensées au moyen de la sculpture en néons clignotants.
En cela qu’ils se posent comme extensions de lui-même et de son propre corps, ses mots appellent à des considérations que je crois pouvoir désigner comme nostalgiques, à propos de l’art, l’artiste, la société et lui-même. Il est à noter que pour toutes ses œuvres, Nauman laisse à vue l’installation qui la nécessite par souci de vérité et qu’en ce sens, l’emploi du néon coloré comme figure emblématique de l’espace publicitaire (mensonger ?) participe de la dérivation du sens des mots, dont une dimension de vérité froide nous claque à l’esprit lorsqu’on les lit. Le mot traité comme substance graphique, se pose alors la question du propos en tant que tel autant que de l’œuvre elle-même ; qu’en reste-t-il lorsque le néon est éteint ?
J’aurais aimé vous montrer surtout (si quelqu’un a une image sous la main, je suis son homme) :
My last name exagereted 14 times vertically, 1967, où la déformation typographique nuit clairement à lisibilité. Ici ne reste de l’œuvre que le nom de l’artiste, sa signature, rendant magistralement le précepte premier de Nauman selon lequel son nom et son corps constituent la seule matière première dont il dispose véritablement. Nauman, homme nouveau en allemand, joue implicitement du pendant germanophone de son nom avec celui de Barnett Newman, l’étirant quatorze fois dans sa hauteur, en une phallicisation (peut-être) de lui-même comme œuvre.
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The true artist is an amazing luminous fountain, (à mettre en relation avec l’autoportrait qui suit) introuvable, dont je peinerai à parler tant le traitement et la composition de l’image importent. Une haut de casse à empattements dessinée à la main sur les bords d’un support (?) blanc rectangulaire, distribuant les mots selon un jeu qu’il ne conviendrait pas de décrire, et dont le centre, où se trouvent une ou deux notes écrites rapidement au stylo, rend bien compte de la valeur suprématique du processus, du sens de « the true artist » devenu presque un vocable seul et de l’aspect brut dans l’art de Bruce Nauman.

Self portrait as a fountain, 1967

The True Artist Helps the World by Revealing Mystic Truths (Window or Wall Sign), 1967

My name as though it were written on the surface of the moon, 1967

Sweet Suite Substitute, 1968 (fabricated 1982)

None Sing-Neon Sign, 1970
Pay Attention, 1973

One Hundred Live and Die, 1984

Partial Truth, 1997
Prononcez Naomane, et qu’on ne se retrouve pas dans les mêmes dîners ni dans les mêmes cours.
net.art archives 2 | trashconnection
Dimanche 18 mai 2008L’artiste a qui appartient ces créations a un CV qui en dit long : Roman Minaev habite Berlin et fais de la création en ligne.
Je ne vais pas m’attarder sur l’ensemble de ces œuvres, je préfère vous parler de celles qui m’ont le plus marquées.
THE MOST USELESS SCRIPT OF THE NET
Commençons par ce script qui est d’apprés lui le script le plus inutile du web (je lui fais confiance). Vous comprendrez sans problème que ces quelques lignes de codes permettent un retour à la page précédente de votre historique web au clic d’un lien. Pour faire court, vous ne bougez pas de page.
Une Mona Lisa composée de smiley sur fonds colorés ou la mise en abîme du pixel, du sourrire. La Joconde, symble universel de l’image, se voit travestie en particule, tronquée comme la chair des sites pornos, un pussy close up tourné à 90° avec un arrière goût de génie. (Change la taille de ton navigateur pour plus de fun !)
Collage composé de photos personnelles de l’artiste, motifs et inscriptions en typo pixel à base de tableau html (?). Cette confiture graphique low-fi, sautillante et incontrôlable, s’étend sur des dimmentions sauvages et comporte plusieurs plans d’affichages.
ALL RHIZOMERS IN ONE (1) (2) (3) (attention c’est lourd)
Interminable mosaïque d’images à dimensions variables qui semblent s’étendre autour du thème de l’identité ou plus précisément de l’avatar. Ces bibliothèques de .jpg sont tellement grosses que je n’ai pu en visualiser qu’une sur trois. L’identité dans toute son excès.
NATIONAL CHARACTER OF GEOMETRIC ABSTRACTION
Après avoir été décomposés en éléments symboliques, les drapeaux des pays du monde sont réinterprétés en positionnant aléatoirement les symboles graphiques qui les composent.
Pour les affâmés, Roman Minaev nous offre un gratte-ciel de liens en rapport avec le net.art.
net.art archives 1 | Black People Love Us!
Mardi 13 mai 2008Net.art archives est votre nouveau rendez-vous net.art exclusivement sur camangepasdepain.
Le net.art est gentil, il vous sera expliqué tel qu’il est, avec des mots simples faute d’en connaitre d’autre. C’est parti !
Black People Love Us! ou le site perso de Sally et Johnny qui nous explique sur un ton dérangeant et ironique que l’amitié entre blancs et noir est possible ! Quelle chance ils ont ces deux là !Une œuvre de Jjonah Peretti et Chelsea Peretti (2002).
Theo Jansen
Mercredi 30 avril 2008Au chapitre de l’intelligence scientifique au service de l’art et de l’esthétique du mouvement, Theo Jansen est un sculpteur hollandais qui s’inscrit dans le courant de l’art cinétique et qui représente tranquille t’as vu.
Selon un principe de locomotion économique et écologique qu’il a mis au point, c’est l’association de l’exploitation de l’énergie du vent et de son stockage dans des bouteilles de soda sous la forme d’air comprimé qui fait se mouvoir sur les plages ces sculptures d’animaux ou d’insectes, construites avec des matériaux légers.
Animaris Rhinoceros
Simulation, The Geometer’s Sketchpad 4. (Musique de Philip Glass)
Strandbeest, ArtFutura 2005
Prononcez Yansen, et qu’on ne se retrouve pas dans les mêmes dîners.
Panamarenko
Vendredi 25 avril 2008En filigrane de l’ensemble de son œuvre et encore davantage dans ses écrits, on lit chez Léonard de Vinci une volonté souveraine de rendre l’art comme science.
Nonobstant, et s’il dessina vachement bien des plans d’aéroplanes, automobiles, hélicoptères, scaphandres à casques et j’en passe, dans un siècle où l’on peinait – à la cour de Venise – à intégrer seulement le principe de la fourchette, aucune de ces inventions ne se virent réalisées et pour cause : l’absence des matériaux nécessaires d’une part et le souci de leur fonctionnalité d’autre part, qui semble avoir été secondairement traité ; la question par exemple de la force motrice de ses engins ne préoccupant que fort peu Léonard.
Il en va autrement de l’œuvre de Panamarenko, Henri Van Herwegen de son véritable intitulé, artiste anversois qui débuta sa carrière au milieu des années soixante, terrain d’affrontements par excellence entre plusieurs courants antagonistes parmi lesquels l’art minimal, conceptuel, le pop art et d’autres.
Á la faveur des constructions de l’esprit et d’une dimension poétique du potentiel, les machines de Panamarenko répondent pour la plupart du mythe de l’envol par des inventions à la « performativité » toutefois limitée, sur les modèles classiques d’avions, d’hélicoptères et d’insectes, à propos desquels il dit de leur battement d’ailes qu’il représente « sans doute la manière la plus efficace de voler ».
C’est précisément selon ce principe qu’il s’emploie pour la conception d’avions à propulsion humaine à convertir la propulsion continue émanant du pilote pédalant en une vibration à haute fréquence. L’énergie émise par le pilote est captée par un volant d’entraînement qui, au début de chaque battement, est couplé aux ailes. Ce mécanisme est, dans une certaine mesure, également apparenté à la Théorie des systèmes clos. L’idée de la ‘trampoline double’ se base en effet sur l’espoir que les ailes, relancées par au-dessus et par en-dessous, battront de plus en plus vite. (…)
Ses avions à propulsion humaine, à ailes delta, hélicoptères, soucoupe, bateau et tapis volants, sacs à dos motorisés, posent la sempiternelle question de ce que peut engager l’art lorsqu’en sont gommées les bornes prétendues.
Et qu’on ne se retrouve pas dans les mêmes dîners.




NB : Ouais, j’ai couché pour écrire ici. Ouais, je mange de ce pain-là.
Carnet monoligne
Mercredi 23 avril 2008Dans ce billet je vais parler d’un cadeau que l’on m’a fait.
Loin de moi l’idée de vous éclabousser mon bonheur amoureux à la gueule, c’est d’abord pour la qualité de l’objet et pour son sens que je poste ce merveilleux Carnet Pour Une Ligne.
La conception et la reliure sont d’Aude Debout étudiante à l’ ERG, avec qui j’ai la chance de partager nuits et passions. Je ne vous raconte pas le stress pour remplir ce carnet convenablement.

Videogramo
Mercredi 9 avril 2008De belles illustrations low fi venues de Barcelone qui méritent le coup d’oeil.
net.art archives | Link X et _readme.html
Mercredi 9 avril 2008J’ouvre une nouvelle catégorie sur le net.art et l’art en réseau.
Mes recherches pour mon mémoire m’ont fait connaitre bon nombre de liens sur le sujet, je vais partager ceux que je juge les plus intéressants.
On commence avec les papas. Link X (1996) d’Alexei Shulgin qui est une liste de mots regroupés thématiquement. Chacun est lié à son (ou ses) nom de domaine correspondant. On constate alors que certains mots ont plusieurs suffixes (.com, .org) et donc des liens complètement différents. L’hyperlien donne au mot une nouvelle dimension, ce qui ajoute une couche poétique à cette liste a priori anodine.
Heath Bunting crée de la même manière _readme.html (1996). C’est un texte qui parle de l’artiste dont chaque mot est lié à un nom de dommaine correspondant. La dimension de cet hyperCV devient phénoménale étant donné que chaque mot est lié à une représentation des « grands systèmes de croyance » contre lesquels se bat l’artiste.







